- Les Premiers Ceps
- 1943-1979
- 1982-1983
- 1985-2003
- Dès 2005
La période romaine à Bonvillars, Onnens, Champagne et Fiez
Ce sont les romains qui ont appris aux autochtones comment cultiver la vigne, cette mauvaise herbe rampante qui nous intéresse tant aujourd'hui. On préfère le vin à la bière de ce côté de la Sarine depuis cette période. Notre région ne fait pas exception, au contraire.
Ils construisirent des villae constituées d'une pars urbana pour le maître des lieux à laquelle était rattachée une pars rustica dévolue aux travaux agricoles, viticoles et à l'élevage.
La région concernée par l'appellation Bonvillars est richement dotée de ce genre d'établissement puisqu'on en trouve à Corcelles, à Bonvillars, à Champagne et à Fiez.
Le 15 février 885 à Champagne, Grandson, Fiez, Corcelles, à Concise, à Bonvillars.
La première mention de la vigne, dans notre région, se trouve dans un texte du Cartulaire du Chapitre de Notre-Dame de Lausanne. L'original est déposé à la Bibliothèque de la Bourgeoise de Berne dont voici le texte intégral.
"Au nom de la Sainte et Indivisible Trinité, CHARLES, par la clémence divine, Empereur Auguste, nous voulons qu'il soit notoire à tous les fidèles présents et futurs que nous avons cédé en propriété perpétuelle à un vassal de notre fidèle et cher marquis RODOLPHE, nommé Voldegisus, certaines parties de notre propriété, dans le Comté de Vaud, savoir:
Champagne (paroisse de St.-Maurice, Grandson); Fiez (Fiaco); Corcelles (paroisse de Concise); Clingerio, Clendi; Spelterias, Suchy (paroisse d'Ependes); à Grava et Gravato, une chapelle et six manses de soixante jugères, avec tout ce qui appartient de droit à la dite chapelle et aux dits manses, en édifices, serfs des deux sexes, terres, terrains, vignes, champs, prés, pâtures, forêts, eaux et courants d'eaux, entrées et sorties, chemins et sentiers.
Nous ordonnons que cet acte, émanant de notre pouvoir, soit écrit en telle forme, afin que le prédit Voldegisus ait dans la suite la jouissance libre et paisible des prédites choses, avec le droit de les posséder, de les donner, de les vendre, et d'en faire ce qui lui plaira, ainsi que la justice permet à tout homme de disposer de sa propriété.
Et afin de donner plus de poids à cet acte de notre autorité, nous l'avons corroboré par notre signature, et avons ordonné que notre sceau y soit apposé.
Donné le 15 des Calendes de mars, cinquième année du règne de CHARLES, comme empereur en Italie, et la troisième de son règne comme roi de France. Indiction III. (Année 885.)"
Le 2 mai 1365 à Bonvillars
Il faut attendre le XIVème siècle pour retrouver le document suivant encore conservé à Bonvillars où : "le 2 mai 1365, Mermetus Mennier de Bonvillars doit à la confrérie du Saint-Esprit dudit lieu une cense de quatre pots de vin à la mesure du lieu, gagée sur sa propre vigne
Le 24 mars 1657 à Champagne
Le troisième document le plus ancien concerne Champagne où le 24 mars 1657:
"Pierre, fils de feu François Tharin, de St.-Maurice (quartier de Champagne) vend à Bartholomé de Romerstahl un morcel de vigne rière St.-Maurice, sis en Es Costes, jouxte la vigne de Jacques Hugonin, pour le prix de 105 florins.
Il y a au moins deux vignes. Celle de Jacques Hugonin, qui jouxte celle de Pierre Tharin. Notons que 450 ans après, plusieurs descendants de ce vigneron figurent encore au nombre des propriétaires de vignes à Champagne.
Puisque la vente de cette vigne a eu lieu en 1657, elle a été plantée avant cette date. Comme pour celle qui la jouxte. Quand ? Mystère !
A partir de cette période, les sources d'informations sont légions. Voici un petit florilège très subjectif.
31 janvier 1798
Durant la Révolution vaudoise, Concise nomme son comité de surveillance et avertit Grandson qu'elle ne dispose et ne cultive pas de céréales en suffisance pour les besoins de la population. Elle annonce qu'elle monte une garde rigoureuse et que personne n'émigre.
"...Concise a l'honneur de déclarer au Comité de Grandson, qu'il est notoire à eux, comme à nos autres voisins, que notre territoire, étant très circonscrit, et en majeure partie couvert de vignes, nous ne récoltons pas au delà du tier des grains indispensables à l'entretien de nos ménages..."
1825
C'est la Municipalité de Bonvillars qui fixe le prix du vin "car chaque commune a le droit de taxer les denrées de premières nécessité."
30 mars 1951
La soeur et deux nièces du curé de Bionaz, val d'Aoste, s'offrent comme effeuilleuses à Bonvillars. Pour 15 ouvriers, elles recevront fr. 250.-, seront nourries, logées, leur voyage sera payé.
1943-1979
« Il est décidé la création d’un groupement de viticulteurs pour avoir plus de poids pour discuter avec les encaveurs pour soutenir les prix. »
C’est de cette problématique que naît le groupement qui portera la raison sociale : « Cave de Bonvillars » et qu’une assemblée constitutive se tient à la grande salle du café Correvon à Bonvillars.
Les statuts sont adoptés et le premier comité fondé. On y trouve comme président M. Emile Mermod. La cave compte 20 membres fondateurs.
A cette époque, le raisin était vendu à la société viticole de Cortaillod avec droit de vente aux encaveurs de la région.
L’afflux de membres (20 en 1943 et 188 en 1948) et les difficultés de certains partenaires de l’époque, poussent le comité à voter la construction d’une cave à Bonvillars. Score de la votation sans appel, 96 OUI et 4 NON sur 100 votants.
La capacité de la cave est fixée à 600'000 lt , son financement est constitué de 30% de subsides de l’Etat, 300'000 Frs de prêt du Crédit Foncier , 100'000 Frs sont souscrits auprès des membres et 55'000 de parts sociales.
L’adjudication des travaux aura lieu le 19 mai 1948.
Les travaux se terminent juste à temps pour la vendange 1948, le coût de la construction : 699'056 Frs.
Les crus d’origine :
Bonvillars, Champagne, Concise et Rives vaudoises du Lac de Neuchâtel.
M. Louis Perdrix est nommé caviste et gérant.
La raison sociale de la cave change, elle s’appelle désormais : « CAVE DES VITICULTEURS DE BONVILLARS ET ENVIRON »
Cette année-là, la cave reçoit 380'000 kg de chasselas, il est payé 65ct aux sociétaires.
Agrandissement du bâtiment, aménagement d’un carnotzet et augmentation de la capacité de la cave à 1'200'000 lt. Coût de la construction : 522'000 Frs
Des propositions de contrôle de la taille et ébourgeonnage sont faites, ceci pour améliorer la qualité du raisin produit. 1ers essais de champagnisation à Champagne.
1982-1983
Récole record dans toute l’Europe, la Cave de Bonvillars encave 2‘311'177 kg ! Les vendanges sont arrêtées faute de place. Il faut utiliser le vieux réservoir de la commune de Bonvillars et le remettre en état en 48 heures pour sauver la récolte. 500'000 litres sont logés dans cette cuve, qui deviendra la plus grosse cuve de Suisse !
Cette même année, un nouveau projet d’agrandissement de la cave voit le jour, élargissement côté sud, création de 2 nouvelles caves, nouveau bâtiment. Le tout est budgété à 3 Millions de francs.
Plusieurs décès entachent cette année exceptionnelle, Mme Ginette Fardel, secrétaire à la cave depuis 1949 nous quitte.
M. Daniel Blanc, caviste et personne reconnue pour toutes ses qualités personnelles et professionnelles meurt d’un accident incroyable en rentrant par le train Venise-Paris, il est tué par la projection d’un sabot de frein d’un wagon.
L’abondance de la récolte de 1982 est suivi par un seconde année excellente puisque pas moins de 1'670'000 kg d’une très bonne qualité sont encavés. Il est nécessaire de prévoir l’agrandissement de la cave et le projet est lancé.
1985-2003
Engagement de Monsieur Gex œnologue dès 1985. Il restera 20 ans à la cave et participera grandement à la notoriété de la cave. Durant cette longue période il participera à la modification de l’encépagement. Jadis, 90 % de la surface viticole de la cvb était plantée en chasselas. Aujourd’hui le chasselas représente 35 % de l’encépagement et le solde est composé de rouges et quelques spécialités blanches comme Pinot gris et Chardonnay. C’est bien normal, dans ce vaste vignoble aux innombrables parcelles cultivé en mi-haute ou la production intégrée (production écologique requise) est présente à 100 %, les microclimats sont très favorables. Pendant cette longue période, achat de trois pressoirs doux à pétufles, d’un fouloir égrappoir et de petites cuves pour la microvinification des essais de plantation comme le merlot, diolinoir et cabernet. Tous ces efforts et investissements ont participé à la perénnité de l’entreprise. Cependant la concurrence des vins étrangers à vil prix, le paiement de la vendange un peu élevé, des stocks importants difficiles à écouler certaines années ont conduit la Cave à une restructuration en 2003.
Pendant 2 récoltes les vignerons ont acceptés de mettre la main à la poche afin de remettre à flot ce gros bateau à la dérive.
Dès 2005
Dès 2005, les comptes virent à nouveau au noir et malgré une conjoncture déjà difficile, la Cave des Viticulteurs de Bonvillars retrouve une serénité financière. Ces moments difficiles impliquent des changements au niveau de la direction et ces Messieurs en place se voient remercier afin d’entamer une nouvelle ère.
M. Olivier Robert est engagé comme responsable de la cave et Sylvie Mayland directrice de la cvb.
Une bonne connaissance du marché, une incomensurable énergie et volonté, une équipe compétente et motivée permettent d’entrevoir à moyen terme un bel avenir pour la cvb.
En 2007 achat de 6 cuves pour le cuvage des vins rouges. Ces cuves thermorégulées permettent le contrôle des températures et un contrôle optimal des vinifications.
En 2008 modification de la réception vendanges. L’aspirateur est remplacé par un conquêt de reception, une nouvelle balance, un fouloir égrappoir et un nouveau pressoir (10 tonnes) modernisent les installations et permettent de gérer la réception du raisin de manière optimale.
En 2009 achat de 5 cuves pour la cave. Remis en état des anciennes cuves en béton, amélioration des sols à la cave, augmentation du chais à barriques et achat d’une mise en bouteilles qui sera installée en janvier 2011.
Ces investissements importants permettent une rationalisation du travail. Ils nous permettent aussi d’assurer une traçabilité sur les processus de vinification, ainsi que de travailler avec du personnel compétent.
Au niveau des investissements, nous envisageons la construction d’un batiment pour abriter les matières sèches et nos stocks de vins conditionnés.
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